Karine Giboulo : All you can eat - Installations

Exposition Karine Giboulo

Véritable spectatrice du monde, Karine Giboulo puise sa principale voie d’inspiration dans son environnement quotidien et dans les enjeux internationaux actuels. Son regard lucide et critique l’amène à construire un monde imaginaire tout en contraste dans lequel l’innocence et la fantaisie côtoient la dérision et l’engagement social. Ainsi le spectateur passe du rire à la réflexion et vice-versa, une manière habile de l’interpeller et de lui faire prendre conscience des incohérences de notre société et de l’ampleur de la condition humaine. Après le succès de « Bulles de vie » en 2006 où Karine présentait à l’intérieur de bulles de plexiglas des scènes de vie à caractère politique et social, elle a entrepris depuis 2007 un travail gigantesque : « All you can eat » "All you can eat" est un commentaire qui utilise la ville comme structure sociale afin de confronter le spectateur à certains des aspects moins séduisants de notre vie en société tels que la consommation outrancière, l’affairisme, l’exploitation ouvrière et l’environnement. L’année dernière elle nous présentait les tous premiers bâtiments sortis de son atelier. Cette année, Karine Giboulo s’inspire de son récent voyage en Chine et des usines-dortoirs qu’elle a visitées à Shenzen, une importante ville industrielle située dans le sud de la Chine où des milliers de jeunes Chinois migrent pour y travailler. Ces usines sont non seulement le lieu du travail, mais aussi du quotidien des travailleurs : ils y dorment, y mangent, y jouent... C’est principalement dans cette ville qu’elle a observé le mode de vie des travailleurs qui sont le lien le plus concret entre le déferlement des biens de consommation occidentaux et ceux qui les produisent. Elle a choisi de traiter le thème de la transformation alimentaire tout en soulignant les excès de toutes sortes : l’expérimentation, la surproduction et la gloutonnerie. La surconsommation alimentaire permet aussi de mettre en images les répercussions visibles sur l’humain et ses effets pervers.